FINANCES PUBLIQUES · DONNÉES SOURCÉES

Comment la dette publique française a évolué

Cette page suit la dette publique au sens de Maastricht, son évolution dans le temps et la structure des dépenses publiques. Elle sépare les données des interprétations : une hausse sous un mandat ne suffit pas, à elle seule, à attribuer une « responsabilité » personnelle.

À propos de la notion de « dépense à fonds perdu » : ce n’est pas une catégorie de la comptabilité nationale. Futur France distingue plutôt l’investissement, les dépenses courantes, les transferts sociaux et les intérêts. Une dépense qui ne crée pas d’actif comptable peut néanmoins financer un service public, une assurance sociale ou une politique économique.

Repères depuis 1980

20,7%
1980
22,0%
1981
33,3%
1988
55,5%
1995
59,7%
Fin 2000
61,3%
Fin 2002
65,5%
Fin 2007
91,7%
Fin 2012
98,8%
Fin 2017
98,2%
Fin 2019
114,9%
Fin 2020
111,4%
Fin 2022
109,5%
Fin 2023
112,6%
Fin 2024
115,7%
Fin 2025
117,5%
T1 2026

Les séries historiques sont régulièrement révisées lorsque l’Insee change de base comptable. Les points anciens doivent être lus comme des repères de tendance ; les valeurs récentes utilisent les comptes nationaux base 2020.

Par présidence : des repères, pas un classement de responsabilité

Valéry Giscard d’Estaing
1974–1981
≈ 20 % en 1975
22,0 % fin 1981

La série historique situe le début des déficits persistants au milieu des années 1970 ; le point 1975 est un ordre de grandeur, pas une mesure de début de mandat.

François Mitterrand
1981–1995
22,0 % fin 1981
55,5 % fin 1995

La hausse couvre deux septennats et inclut notamment le ralentissement du début des années 1980 et la récession de 1992-1993.

Jacques Chirac
1995–2007
55,5 % fin 1995
65,5 % fin 2007

Le ratio augmente sur la période, avec des phases de hausse et de stabilisation.

Nicolas Sarkozy
2007–2012
65,5 % fin 2007
91,7 % fin 2012

La crise financière de 2008-2009 provoque un saut marqué du déficit et de la dette.

François Hollande
2012–2017
91,7 % fin 2012
98,8 % fin 2017

Le ratio augmente plus graduellement sur la période.

Emmanuel Macron
Depuis 2017
98,8 % fin 2017
115,7 % fin 2025 · 117,5 % au T1 2026

Avant la crise sanitaire, le ratio est proche de son niveau de 2017 ; le choc de 2020 provoque une hausse très forte. Le mandat est encore en cours.

Pourquoi ne pas désigner automatiquement un président comme « responsable » ? Parce que la dette dépend des budgets votés sur plusieurs années, des gouvernements et majorités parlementaires, des stabilisateurs automatiques, des recettes, des taux d’intérêt, de la croissance du PIB et de crises parfois extérieures au mandat. La comparaison chronologique reste utile ; l’attribution causale demande une analyse plus fine.

Où va la dépense publique ?

En 2024, les dépenses publiques représentent environ 1 672 Md€. La nomenclature internationale COFOG répartit ces dépenses par finalité.

Protection sociale693 Md€ · 41%

Retraites, famille, chômage, maladie au sens des transferts sociaux, exclusion sociale…

Santé261 Md€ · 16%

Hôpitaux, soins ambulatoires, remboursements de biens médicaux…

Services généraux181 Md€ · 11%

Administration générale ; la charge d’intérêts y est en grande partie comptabilisée.

Affaires économiques166 Md€ · 10%

Transports, soutien économique, énergie, agriculture et autres interventions économiques.

Enseignement149 Md€ · 9%

Écoles, enseignement supérieur, rémunérations et investissements éducatifs.

Défense54 Md€ · 3%

Dépenses de défense nationale.

Ordre et sécurité publics52 Md€ · 3%

Police, gendarmerie, justice et sécurité au sens de la nomenclature fonctionnelle.

Loisirs, culture et culte43 Md€ · 3%

Culture, loisirs et services associés.

Logement et équipements collectifs42 Md€ · 3%

Logement, équipements et aménagements collectifs.

Protection de l’environnement30 Md€ · 2%

Déchets, eau, environnement et actions de protection associées.

Quelles dépenses ne créent pas directement un actif public ?

Nature 2024MontantLecture utile
Prestations sociales en espèces562 Md€Transferts aux ménages ; ils ne créent pas un actif public mais financent retraites, revenus de remplacement et protections sociales.
Rémunérations362 Md€Financent le travail des agents publics et donc des services ; ce n’est pas de l’investissement comptable.
Subventions et autres transferts209 Md€Soutiens et transferts à différents acteurs ; effets à apprécier politique par politique.
Prestations sociales en nature186 Md€Soins et prestations prises en charge ; service consommé plutôt qu’actif détenu par l’administration.
Consommations intermédiaires161 Md€Achats nécessaires au fonctionnement courant des services publics.
Investissement132 Md€Catégorie qui crée directement des actifs fixes au sens de la comptabilité nationale.
Intérêts60 Md€Rémunération de la dette passée. C’est la catégorie la plus proche de ce que l’on appelle parfois, dans le langage courant, une dépense « sans actif nouveau » ; elle reste une obligation liée aux emprunts contractés.

Les grands épisodes visibles dans la courbe

Milieu des années 1970 : les déficits publics deviennent persistants. 1992-1993 : la récession accompagne une accélération de l’endettement. 2008-2009 : la crise financière produit un nouveau saut. 2020 : la crise sanitaire provoque une hausse exceptionnelle, à la fois par le déficit et par la contraction du PIB. Après 2020, le ratio reste élevé et recommence à progresser en 2024-2026.

Sources principales